Les PDG se plaindront du gouvernement à huis clos – alors pourquoi ne le disent-ils pas comme si c’était en public ?

Aujourd’hui, Rob Perrins, le patron de Berkeley, l’un de nos plus grands constructeurs d’immeubles, le raconte tel qu’il le voit. Et tant mieux pour lui.

Dans un langage direct, il prévient qu’un champ de mines d’obstacles en matière de planification, de fiscalité et de réglementation menace de « chasser les investissements des zones urbaines, limitant la croissance et empêchant la fourniture de logements et d’autres avantages tangibles ».

Nous avons besoin de davantage de cela de la part des dirigeants du secteur générateur de richesses qui se plaisent depuis trop longtemps à se plaindre à huis clos de leur sentiment de trahison par le gouvernement, mais qui ont rarement le courage de s’exprimer en termes clairs et simples en public.

Les annonces de résultats, désormais à peine lisibles, de la majorité des sociétés cotées en sont un symptôme.

Trop souvent, il s’agit d’un mélange impénétrable de chiffres, de jargon industriel et d’acronymes financiers – surmontés de cette expression redoutable « conformément aux orientations » – avec à peine une allusion au contexte social, économique et humain plus large dans lequel ces grandes organisations patronales opèrent.

Lord Wolfson chez Next est une rare exception et les états financiers de son entreprise sont un trésor d’informations sur « ce qui se passe réellement là-bas ».

Mais la majorité des PDG qui dirigent UK plc sont devenus trop réticents à prendre des risques, persuadés par une phalange protectrice de conseillers qu’il vaut mieux ne pas s’exprimer de peur de contrarier les ministres et les régulateurs de leur secteur.

Ils sont heureux de sous-traiter leurs craintes et leurs préoccupations à des organismes commerciaux et à des organisations d’entreprises qui, à de rares exceptions près, ne portent pas le poids des dirigeants qui dirigent réellement le spectacle.

La Grande-Bretagne est confrontée à une crise de croissance chronique dont, en fin de compte, seul le secteur privé peut libérer le pays.

La classe patronale doit trouver sa voix et s’engager avec force dans le débat sur les multiples défis à long terme auxquels le Royaume-Uni est confronté. Autrement, les pouvoirs en place continueront de croire, selon les mots célèbres d’un ancien Premier ministre, que cela peut foutre les affaires en merde.