Vivre avec l'ennemi / Roy Mac Laughlin ; adapté par Philippe Rouyer - Jersey : Channel Island Publishing, 2008.- 159 p., ill.
ISBN : 978-1-905095-23-6

Living with the Enemy
Le site officiel

Un ouvrage synthétique, qui rassemble l'essentiel de ce qu'il faut savoir de l'occupation des îles de la Manche, avec de nombreux témoignages des Iliens et des occupants.

Adaptation en français de Living with the Enemy, déjà best-seller dans les Iles, avec plus de 50 000 exemplaires vendus, Vivre avec l'ennemi rend accessible au public francophone de nombreux témoignages, retranscrits tels qu'ils ont été recueillis. La version française, qui vient tout juste d'être publiée, propose de nouvelles illustrations et une mise en page actualisée.

Les photographies proviennent essentiellement des collections de la Société Jersiaise.

Vivre avec l'ennemi est en vente partout dans les Iles de la Manche. Vous pouvez vous le procurer en France par correspondance auprès de l'éditeur, Channel Island Publishing, chez Amazon et à l'Echo des vagues.

L'appréciation de Axe et Alliés 2008, août-septembre, n° 10

: Dans un ouvrage très intéressant, particulièrement détaillé et faisant la part belle aux témoignages, Philippe Rouyer revient sur un épisode singulier de la Seconde guerre mondiale..."

Une histoire étonnante que celle de cette cohabitation forcée : La topographie des lieux interdisait tout mouvement de résistance armée. Les soldats ne craignaient pas les embuscades, et les habitants n’avaient à redouter ni représailles, ni prises d’otage.
Les militaires, heureux pour la plupart, d’échapper au combat sur le front de l’Est, essayaient d’entretenir de bons rapports avec la population, et savaient parfois fermer les yeux.
Il y avait aussi quelques Nazis fanatiques, et une police politique, qui ne cédait en rien à la Gestapo. Et puis les ordres de Berlin, qu’il fallait bon gré mal gré exécuter : les lois anti-juives, les ordres de déportation. Hitler avait décidé personnellement de faire de ces îles d’imprenables forteresses. Alors s’ouvrirent de gigantesques chantiers, sur lesquels travaillaient des prisonniers, Russes et Espagnols pour la plupart, traités comme des esclaves par leurs geôliers, SS et gardes de l’organisation Todt. Dans l’île d’ Aurigny, désertée de ses habitants, le camp de concentration de Sylt. Beaucoup de militaires allemands en ignoraient l’existence, ou ne cherchaient pas trop à savoir ce qui s’y passait.
Il y eut des drames, des actes d’héroïsme de la part de gens ordinaires, qui, en portant assistance aux prisonniers évadés, ne risquaient pas moins que la déportation, mais aussi des anecdotes plus souriantes, comme celle de ce militaire Allemand qui, las de la propagande officielle, voulait écouter la BBC, et fournissait en écouteurs un Jersiais, constructeur clandestin de postes à galène…
Cohabitation forcée, souvent pénible, où soldats allemands et habitants ont partagé les mêmes épreuves. On a écrit tout et son contraire sur l’occupation des îles de la Manche. En faisant largement appel aux survivants, l’auteur a voulu établir non pas la vérité historique absolue, que l’on ne peut pas atteindre, mais la vérité des Iliens et de leurs occupants, ce qu’ils ont perçu des évènements, ce qu’ils ont vécu et ressenti,. Les plus âgés d’entre nous trouveront dans les récits des habitants des îles de grandes similitudes avec leurs propres souvenirs.
Vivre avec l'ennemi rend aussi hommage aux Justes, aux Iliens qui au péril de leur vie, ont refusé la barbarie nazie, et aussi à certains militaires allemands qui se sont distingués par leur humanité et leur sens de l’honneur. Le livre a été publié pour la première fois en 1995. Il ne serait plus possible de l’écrire aujourd’hui, car la plupart des témoins qui ont accepté de faire partager leurs souvenirs ne sont plus. C’est ce qui rend la contribution de Roy McLoughlin irremplaçable.

 

L'occupation allemande des Iles de la Manche a fait naître une abondante littérature, qui ne cesse de se développer. Aux souvenirs publiés par ceux qui ont vécu les évènements se rajoutent les témoignages publiés par la famille après la mort des auteurs, tandis que les analyses des historiens se succèdent, faisant parfois naître des polémiques. Pendant ce temps, les archivistes retrouvent et publient des documents primaires. Entre les monographies et les articles de revue, ce sont plus de cent références qui sont actuellement disponibles, mais fort curieusement, pratiquement rien en langue française, alors même que le sort des Iles a été pendant ces années de guerre, directement lié au sort de la France.

Réalisé en 1995 à partir du témoignage des Iliens survivants encore assez nombreux à cette époque, Living with the Enemy est incontestablement le best-seller sur l'histoire de l'Occupation allemande.Synthétique, d'une lecture aisée, ce petit livre a le mérite, en dépit de sa brièveté, de montrer l'absurdité de la situation : Hitler s'est mis en tête de faire de ces petites iles des forteresses imprenables alors que les Alliés n'ont aucunement l'intention de les reconquérir. Il fera bétonner toute la côte par des travailleurs forcés et fera installer d'énormes pièces d'artillerie. Pendant cinq ans, l'équivalent d'une division d'infanterie stationnera dans les Iles sans mener la moindre action militaire. Et à partir du débarquement de Normandie, les Iles se trouvent coupées de tout ravitaillement. Iliens et Allemands vivent alors un étrange huis-clos jusqu'au 9 mai 1945. Living with the Enemy rétablit la vérité : l'héroïsme fut essentiellement le fait d'individus sauvant des Juifs ou portant assistance aux prisonniers évadés au péril de leur vie. De l'autre côté, il y eut des trafiquants, des profiteurs et des dénonciateurs. Mais la topographie des lieux, l'asbence de ressouces naturelles et d'industries, le rapport des forces (un Allemand pour deux Iliens) rendaient impossible l'organisation de mouvements de résistance tout autant que la mise en place d'une politique de collaboration. La population civile s'accommodait tant bien que mal des privations et des tracasseries de l'occupant en attendant des jours meilleurs. Car de la même façon que les Français avaient compris depuis le raid de Dieppe, que les Alliés avaient pour objectif prioritaire un débarquement en France, les habitants des Iles de la Manche savaient que leur libération n'interviendrait qu'à la fin de la guerre : les Britanniques n'allaient pas se lancer dans une formidable bataille à l'issue incertaine, dans le but de reprendre pied sur un territoire dépourvu du moindre intérêt stratégique. On comprend, à travers tous ces témoignages, que la situation dans les Iles n'était en aucun cas comparable à celle des autres pays occupés. Malheureusement pour le public francophone, Living with the Enemy n'existait qu'en anglais. Il fallut attendre 2008 pour que paraisse enfin une adaptation en français.Ignorant comment la version française serait accueillie, l'éditeur avait par prudence limité le premier tirage, de sorte que Vivre avec l'ennemi se retrouvait épuisé à la fin de l'année 2010. Il vient d'être réimprimé en mai 2012 et désormais ne devrait plus connaître de rupture.

Car, et c'est encore une curiosité, les Channel Islands, que l'on appelle toujours Iles Anglo-Normandes, ne sont plus francophones depuis bien longtemps. Si l'on trouve beaucoup de noms de lieux français et un affichages dans les deux langues, plus personne ne parle le français dans les Iles. Le Jerriais et le Guernesiais ne sont plus maintenant que des idiomes culturels, qui doivent leur survie à quelques ethno-linguistes locaux. Le naîf venu de France qui s'attend à rencontrer une population bilingue est souvent bien embarrassé.

 
des noms de lieux en français

Et lorsque le touriste rencontre des bilingues dans la restauration et l'hôtellerie, l'autre langue parlée se trouve être le portugais, l'allemand ou le russe ou d'autres langues slaves, mais rarement le français.l faut remonter aux années d'avant-guerre pour trouver une population rurale d'origine normande qui apprenait l'anglais à l'école comme langue étrangère. Que les visiteurs soient prévenus : la France est toute proche, mais ils ne trouveront nulle part les journaux français, et aucun hôtel ne proposera à sa clientèle les chaînes de télévision françaises, et chez les libraires, ils ne verront pas de livres en français - à l'exception, bien entendu de Vivre avec l'ennemi.
Penalty £ 50 , un langage universel
 

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