La XJ40 V12
 

La première version du V12 (1971-1981) se distingue par ses chambres de combustion Heron, formées par des coupelles creusées dans la tête de cylindre. Cette culasse a été créee par Samuel D. Heron, un ingénieur qui a travaillé de concert avec le Dr. Gibson pour la RAF dans les années 1920-1930 à l'amélioration des moteurs aéronautiques à refroidissement par air. On retrouve la chambre Heron sur des moteurs de motocyclettes, sur le 4 cylindres de la Rover 2000, sur le Kent de Ford. C'est un moteur à un seul arbre à came par rangée de cylindres, les expériences tentées par Jaguar avec 2 arbres à cames par rangée s'étant avérées peu probantes.

A lire : The Technical History of the Jaguar V12 Engine (Jaguar World)

Rare en France, la XJ40 Daimler Double Six était en son temps une voiture de grand luxe, la plus chère des XJ. Les prix sont aujourd'hui très abordables, mais beaucoup d'acheteurs potentiels sont effrayés par la réputation du moteur. La XJ40 ne sera produite que deux ans (1993-1994) avec le moteur V12, et ne recevra que la version 6.0 HE. Si grâce à l'injection électronique et les chambres de combustion FIREBALL la consommation n'a plus rien à voir avec celle des 5.3 de première génération, le V12 est connu pour coûter cher à l'entretien. Le témoignage de Ferdinand va nous aider à y voir clair, et à chiffrer le coût réel d'utilisation du V12.

 

Il consomme, c’est un fait. D’après mon ordinateur de bord, je suis à 12 litres à 130 km/h et à chaud, mais il vaut mieux compter 20 litres sur un trajet urbain moyen, en étant souple sur les accélérations, qui sont pourtant tentantes.

Je n’ai pas eu le courage de mesurer, litres à la pompe à l’appui, la précision de l’ordinateur, un peu par coquetterie je dois dire. [en principe l'ordinateur de bord est assez juste]. Le prix du litre de 95 est honteusement haut, et l’E10 se généralise dans les stations de mon quartier au détriment du 95 classique, au point que j’en mets dans mon moteur, même si, recherche faite, c’est déconseillé.

- Question entretien, je n’ai pas eu à l’éprouver pour le moment.Dès qu’il faudra changer les bougies, nous en reparlerons [c'est en effet un cauchemar, il faut 3 à 4 heures, en espérant qu'aucune bougie ne soit grippée!]
Après recherches, cette génération de moteurs semble assez fiable.

Les pleins me coûtent finalement 2000€ par an maxi, soit moins que la décote de bien des modèles actuels. D’ailleurs, au contraire de ceux-ci, même si ces voitures sont difficiles à vendre, elles ne perdent plus beaucoup avec l’âge aujourd’hui. Il est vrai que l’usage que je fais de cette voiture est un usage tout à fait récréatif, il en serait tout autrement si j’utilisais ce véhicule pour aller au travail tous les jours par exemple.
J’ai la chance d’être un urbain proche de tous les transports, et je fais ma vie grâce à eux.

Il est surprenant de voir à quelle point cette voiture est agile motorisée en V12, malgré son embonpoint prononcé. Je devine toutefois qu’il me serait aujourd’hui impossible de revenir vers une XJ de cylindrée inférieure.J’adore littéralement sa sonorité rauque et douce à la fois, et la rage qui se déclenche une fois un petit kick-off enclenché avec la boite en mode « Sport ».
(Au passage, le mode Sport est à proscrire sur la neige, je l’ai oublié et il m’a coûté un petit tête-à-queue dans un virage à faible vitesse, sans gravité aucune heureusement.)

En parlant de cette boîte, les passages sont assez doux, et l’ambiance qui règne à l’intérieur de l’habitacle est feutrée et délicate.

Mon expériences des gros moteurs est quasiment nulle, mais j’ai tout de même eu plusieurs occasions de conduire une série 5 Touring de 250ch d’un poids équivalent (année 1998), et je crois pouvoir affirmer sans me tromper qu’il y a un monde entre ces deux voitures, tant en classe qu’en motorisation [le parallèle n'est pas tout à fait équitable, la Daimler V12 devant se comparer au sommet de la série 7 ! ].
A suivre...

Le V12 a surtout l'avantage d'être un V12. Il pouvait intéresser à son époque une clientèle très aisée qui achetait ses voitures neuves, ne les conservait pas très longtemps et ne regardait pas les frais d'entretien. Aujourd'hui, on en voit surtout les inconvénients. Les 6 cylindres sont presque aussi doux, un peu moins puissants il est vrai, mais très fiables et beaucoup plus économiques à l'usage : il n'y a pas que le carburant : la complexité d'un V12 ( tout est en double) et la mauvaise accessibilité mécanique sur les XJ et XJS majorent les temps de main-d'oeuvre.