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Sur
trois roues |
| Au début des années 60, le spectacle de la rue en Angleterre était une source inépuisable d'étonnement et de ravissement. Il y avait bien entendu la mini-jupe, mais surtout les voitures et les autobus. Les voitures avaient un caractère bien affirmé : des modèles qu'on ne voyait pas sur le continent, des couleurs gourmandes ( des crème, des vert amande, des chocolat), un style quelque peu suranné, et une ambiance intérieure inimitable : on trouvait de la moquette épaisse et des sièges en cuir même sur des modèles populaires, alors que nous n'avions droit dans nos Peugeot, Renault ou Simca, qu'à des tapis en caoutchouc et à des sièges en skaï. On voyait encore des autobus du type half-cab (à un ou deux étages), avec la cabine du chauffeur à côté du moteur. Les taxis étaient tous du modèle taxi londonien, noir, haut, et remarquablement adapté à ses fonctions. Je me souviens aussi de la prolifération des voitures à trois roues, véhicules parfaitement inconnus en France depuis la guerre. 3 wheelers : le site incontournable sur les 3 roues. Les voitures à trois roues ont fait longtemps partie du paysage britannique. Sous le coup des lois et règlements, et du mouvement iréversible vers l'uniformisation des produits et des modes de vie, elles sont en train de disparaître. Les premières années de l'automobile ont connu le développement des voiturettes, ou cyclecars. Les véritables voitures étaient un luxe réservé à une minorité fortunée. L'accès de l'automobile au plus grand nombre passait par la construction de véhicules légers, bon marché, à mi-chemin entre la bicyclette et l'automobile, le cyclecar. Nombreux étaient les constructeurs de voiturettes. On se livrait même à des compétitions de cyclecars. Beaucoup de voiturettes possédaient quatre roues, mais le tricycle avait ses avantages. Plus léger, il était aussi plus simple à construire, et se prêtait particulièrement à une fabrication artisanale. En général, les deux roues avant étaient directrices, l'unique roue arrière était motrice. On évitait ainsi la complexité d'un différentiel. La grande légerté de l'engin, dont la carrosserie était le plus souvent faite de contreplaqué, ou de moleskine tendue sur une armature de bois, permettait d'utiliser des moteurs de faible puissance.A l'économie à l'achat s'ajoutait une faible consommation, et un entretien réduit. Dès les années 50, les constructeurs de tricycles firent appel à la fibre de verre pour les carrosseries. La
légèreté du tricycle permettait d'utiliser de petits
moteurs. Mais si l'on montait un moteur plus puissant, on obtenait un
engin qui tout en restant économique, offrait des performances
exceptionnelles, et plus encore, des accélérations dignes
de voitures de sport dix fois plus onéreuses.C'est la formule qu'adopta
Morgan. Le moteur gagna rapidement en puissance, au point que le tricyle
qui atteignait déjà 100 Km/h en 1920, dépassa les
140 Km/h dix ans plus tard (Aero Super Sports 1929. A cette époque,
semblable vitesse n'était atteinte que par de grosses berlines
de luxe, ou de coûteuses voitures de sport. Bien plus, l'agilité
du tricycle, sa légèreté, procurait au conducteur
des sensations exceptionnelles, que l'on ne retrouvait que sur les voitures
de course. |
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Plus tard, en 1960, Berkeley reprit la formule, avec un petit moteur de motocyclette à deux temps de 328 cc, monté dans une carrosserie en fibre de verre très profilée, avec des phares capotés à la façon de la Jaguar type E. 100 Km/h avec 328 cc, et l'impression de rouler beaucoup plus vite, c'est ce qu'offrait le tricyle Berkeley T 60. D'autres constructeurs, Bond, Frisky, faisaient appel à la même formule : carrosserie légère et moteur de petite cylindrée.
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