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Oser
une Bristol ? |
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Bristol Blenheim |
Bristol 410 |
| Souhaitant diversifier ses activités, Bristol, constructeur pendant la guerre du bombardier Bleinheim et du chasseur-bombardier Beaufighter, s'est lancé dans l'automobile en 1946. La division aéronautique est entrée par la suite dans British Aerospace. Dans l'automobile, Bristol est aujourd'hui le seul constructeur de véhicules de luxe à 100% britannique. Le management est anglais, les capitaux sont anglais, l'usine est en Angleterre, difficile de faire plus. Quant aux voitures, elles sont incontestablement britanniques, à un petit détail près : le moteur et la transmission sont d'origine américaine. On ne pouvait pas s'attendre à ce qu'un petit constructeur produise lui-même ses moteurs et ses transmissions et comme Facel Vega en son temps, Bristol a fait appel, dès 1961, à Chrysler. Seuls les anciens modèles produits de 1946 à 1961 (ceux-là mêmes qui portent des numéros de Peugeot, 401, 402, 403, 404...) sont équipés de moteurs britanniques (encore qu'il s'agisse d'un dérivé du 6 cylindres en ligne BMW. Construite entièrement à la main, une Bristol s'apparente plus à une Aston Martin qu'à une Jaguar, qui reste une voiture de grande série, produite en dizaines de milliers d'exemplaires. Luxueuse avec discrétion, dotée de performances exceptionnelles sans pour antant l'afficher, la Bristol est par excellence la voiture de ceux dont les ancêtres sont partis en croisade avec le roi Richard, et qui ne tiennent pas pour autant à se faire remarquer. C'est aussi la voiture de ceux qui aiment le beau travail. Bristol n'a ni agents, ni concessionnaires. Tout se fait à l'usine : l'entretien courant, les réparations, la carrosserie... Les tarifs sont élevés, sans plus : £ 163 pour une révision des 10 000 Km, (HT bien entendu), ce n'est pas donné, mais je me souviens avoir payé 234 € il y a 4 ans chez un concessionnaire, pour une vidange avec changement du filtre à huile, contrôle et appoint des niveaux, sur ma bonne veille XJ40 . Point n'est besoin de préciser que je ne suis depuis lors jamais retourné chez le concessionnaire, ayant trouvé entre temps un indépendant largement aussi compétent (pour ne pas dire plus) et beaucoup moins cher. Pour venir chercher votre Bristol, la conduire à l'usine et vous la ramener, on vous facture le carburant, et £ 25 l'heure de conduite. Certes, cela s'ajoute à la facture, mais ce sont des tarifs honnêtes. Ce n'est pas parce que le client a en principe les moyens qu'on en profite pour l'assassiner. Il peut aussi y avoir des amoureux de la belle voiture qui possèdent une Bristol sans pour autant rouler sur l'or. Les nouveaux riches n'achètent pas de Bristol, pas plus que les milliardaires tapageurs qui ont fait fortune dans la finance, la publicité, le pétrole ou les industries du spectacle. C'est tout sauf bling-bling... Neuve, la Bristol est d'un coût élevé, justifié par une qualité de fabrication exceptionnelle, qui la rend inaccessible à la plupart d'entre nous. Sans parler de l'extravagante Fighter Turbo, à £ 363 000 (la mécanique est celle de la Chrysler Viper améliorée au niveau des performances...), la Blenheim, une GT discrète et raisonnable, vaut tout de même £ 163 000. On vous dira chez Bristol qu'elle vous permet de maintenir sur autoroute une vitesse de 112 Km/h (70 miles/h, la limite légale en Angleterre) au régime de 1700 tours/mn, autrement dit en consommant moins que la plupart des modèles comparables. C'est exact, mais il faudra beaucoup, mais vraiment beaucoup rouler, pour amortir le prix d'achat. Ceci étant, la mécanique, très peu sollicitée en conduite normale, est extrêmement durable. De façon surprenante, on trouve des occasions, revues et garanties par l'usine, pour des prix relativement accessibles : parfois en-dessous de £ 20 000, c'est à dire le prix d'une type E très douteuse, ou d'une Mk2 3.8 en bon état. Quant à l'entretien, si les pièces de carrosserie risquent d'atteindre des sommes astronomiques (carrosserie en alu), le moteur et la transmission sont issus de la grande série donc disponibles et bon marché. Sur les modèles les plus anciens, sans injection électronique, la consommationdu V8 peut être préoccupante, sauf si l'utilisation est occasionnelle. A voir en anglais, le site du constructeur On lira (en français) le carcatalogue d'André Le Roux |
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| Ph. Rouyer, Fev. 2009 |